«Á mes collègues, au public, aux théâtres lyriques», lettera aperta di Ludovic Tézier

La rivista francese Forum Opéra pubblica una lettera aperta del baritono Ludovic Tézier relativamente alla situazione in cui gli artisti si sono venuti a trovare a causa della pandemia dovuta alCovid-19. Teatri chiusi, festival cancellati, contratti disdetti: questo lo stato attuale di tutti i lavoratori dello spettacolo. Tézier oltre ad essere un grande cantante dimostra di essere un grande uomo.

La riportiamo volentieri, con l’auspicio che trovi larga condivisione.

«Á mes collègues, au public, aux théâtres lyriques »

Mes très chers collègues, chers amis, chers ennemis, chers amoureux de laculture et de l’opéra,

Depuis le déclenchement de la crise qui frappe notre pays et le reste du monde, nombre d’acteurs de notre mode de vie – si bouleversé désormais – ont été impactés frontalement par les mesures de restriction sanitaire – nécessaires à l’évidence. Dans ce maelström insondable, notre profession est emportée et cherche désespérément une planche de salut. Sans l’écoute des autorités en place, dont nul ne s’étonnera que nous ne soyons pas actuellement le centre d’intérêt, notre « petit cénacle d’artisans » sera laminé, sans appel ; je pense en particulier aux plus faibles, aux plus jeunes dont la survie dépend depuis toujours du prochain cachet. Nos existences, contrairement à l’image de légèreté répandue qui leur colle au costume, sont des courses sans repos après le prochain contrat et exigent une planification du futur dont peu, en dehors de la confrérie, se doutent. Il est bon de le souligner, afin que tous comprennent qu’une fermeture aussi abrupte, non accompagnée de mesures financières, est pour beaucoup un coup de poignard mortel. Je ne me place évidemment pas dans cette situation extrême, encore que tous, certes à des degrés très divers de gravité, soyons touchés.

Partant de là, la démarche engagée par les artistes lyriques dans le cadre d’une lettre commune est tout à fait justifiée ; et si certaines maladresses, que l’état de choc du moment explique facilement, ont pu donner lieu à des grincements de dents, le fond du problème est bel et bien posé : la survie de notre métier ; non pas dans les prochains jours, les prochaines semaines, mais bien les six prochains mois, voire…

Qui, chanteur ou pas, car ça dépasse notre famille, peut sans grande difficulté vivre sur ses économies pendant six mois et plus ?

Je suis personnellement choqué, quoique malheureusement guère surpris, que la « famille idéale de l’opéra » s’avère, dans la débâcle en cours, une « famille illusoire ». En effet, je pose cette question : comment l’ensemble des théâtres lyriques sur terre – pris au miroir de certaines lunes artistiques, ces dernières années – ne comprend toujours pas, confronté à une réalité primaire comme cette pandémie, que sa propre survie, la justification même de son existence, repose sur les artistes lyriques et leur voix ?

Comment peut-il ne pas, cet ensemble de théâtres, faire bloc avec ses artistes et représenter de tout son poids, la profession – cette fameuse famille à géométrie décidément bien variable – auprès des autorités, seules en capacité de la sauvegarder ? Et cette sauvegarde doit concerner l’ensemble des personnels précaires, sans qui aucun spectacle ne peut être généré.

La désunion est la mère des menaces. Le désengagement financier des institutions d’opéra, lié à l’annulation des contrats en cours, ainsi qu’à la suspension de ceux à avenir, n’aide pas, c’est le moins qu’on puisse dire, à sortir de l’ornière, de la crevasse, celles et ceux qui font la vie même et l’intérêt de ces scènes. Du reste Monsieur le ministre de la culture F. Riester a lui-même très récemment encouragé ces institutions à aller dans le sens du règlement des cachets aux artistes, ce qui n’est hélas pas la musique que jouent de concert les théâtres à cette heure. Comme je l’espère profondément, tous les autres corps de métier très éprouvés seront assistés et maintenus en vie, au premier rang desquels toutes les professions liées à la santé, dont tant de membres sont mes amis et qui voient chaque jour l’indicible se dérouler sous leurs yeux pourtant aguerris, au service de tous.

Certes, les théâtres lyriques souffrent depuis des années d’une baisse chronique des subventions; c’est la conséquence, moins d’une désaffection du public qui tous les soirs remplit nos salles, que d’un vieux désintérêt de politiques budgétaires, si tristement comptables qu’elles en sont arrivées à barguigner sur un pilier maître de notre société : la santé. On en constate le résultat en cette heure de vérité sinistre.

De la même manière qu’il n’est, à mon avis, pas l’heure de revendiquer quoi que se soit d’autre que l’aide et la justice, si légitime que soient à terme ces revendications, il me paraît plus que déplacé d’être tenté de réaliser des économies aux dépens de personnes que rien, absolument rien, ne couvre en pareille occurrence. Sauf à considérer qu’elles ne sont rien, ou, au mieux, interchangeables.

Comme je le disais, il y a peu, à un de nos grands professeurs en médecine, qui me gratifiait d’un beau compliment, « nous, artistes, contrairement à vous, ne sauvons pas de vies ! », à quoi il me répondait, « vous nous aidez à les sauver par le rêve que vous nous apportez ».

Tout ce qui participe positivement à la société, l’amende et la bonifie. Tel est notre rôle, pas si modeste après tout: communiquer le beau, élever. A ce titre nous ne sommes pas accessoires.

Enfin, afin de rendre moins oppressant le confinement indispensable, Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron encourageait dans son dernier discours, nos concitoyens a retrouver des valeurs simples, à renouer avec la culture; concomitamment, ces mêmes théâtres qui semblent, à l’unisson, tourner le dos à leurs artistes, diffusent gratuitement sur leur site, nombre de captations magnifiques pour apaiser un peu les populations incarcérés. Quelle meilleure preuve que nous ne sommes pas accessoires si on nous appelle au chevet de l’angoisse ? Et quel honneur que de distraire quelques heures durant nos soeurs et frères confrontés à l’adversité ! Théâtres, ne maltraitez pas ceux qui sont le sang de vos veines, les artistes, ceux pour qui le public emplit vos salles en venant parfois de bien loin; ne négligez pas ceux qui justifient les subventions qui vous nourrissent.

Puis-je conclure en disant que je ne sais pas aujourd’hui ce que « vaut » mon nom – sans doute peu de chose dans la tempête ? C’est donc en tant qu’artiste lyrique qui, depuis trente ans au service de nos maisons d’opéra, a traversé les étapes fastes et les vicissitudes d’une carrière, que je m’exprime. Chacun qui me connaît sait qu’à l’instar de mes amis de la scène, je donne ce que j’ai de meilleur dans chacun de mes rôles ; j’y laisse comme eux de mon énergie, de mon amour, les miens souvent… lorsque je suis loin de chez moi, beaucoup de ma vie, un bout de mon âme. C’est le métier ! Et comme vous tous, ce métier, je l’aime.

La culture est-elle à ce point importante dans nos vies ? Et l’opéra ? J’en suis bien sûr convaincu ; chacun peut répondre à la question avec sa conscience et l’idée qu’il se fait de ce que doit être la vie. Mais les femmes et les hommes amenés à entrer en scène devant vous – qui avec la peur de la précarité au ventre, qui avec la corde vocale gonflée, dans l’incertitude absolue au moment de livrer leur voix blessée au public, qui après une séparation, le décès d’un proche – ces femmes et ces hommes nous apportent non seulement leur art, si exigeant de travail et de sacrifice, mais leur personnalité unique : elle met de la couleur à nos sociétés désenchantées. Je souhaite à chacun d’avoir, comme moi-même, la chance insigne de les fréquenter.

Il faut sauver le métier, Il faut sauver celles et ceux qui portent la lumière en scène, sans quoi les lampions s’éteindront doucement.

Au nom de tout cela, et de mes collègues que j’aime et admire, je vous demande de comprendre et estimer à leur juste valeur les raisons de ce cri d’alarme, qui ne doit pas devenir un chant du cygne… pour nous tous, pour les générations à venir.

Mozart, sans le gosier expérimenté qui le sert ou le musicien qui l’éclaire, meurt définitivement, et les théâtres lyriques qui ne soutiennent pas leurs meilleurs défenseurs, les artistes, achèvent de clouer son cercueil… de même qu’ils creusent leur propre tombe. Je demande d’avance pardon à ceux si nombreux, qui souffrent cruellement en ce moment, d’avoir à utiliser cette métaphore morbide. Mais il faut que l’incompréhension mutuelle cesse, afin que, solidaires, nous nous sauvions ensemble.

Je vous embrasse, et vous souhaite de tout coeur discipline et courage.

Ludovic Tézier

Qui di seguito la traduzione italiana a cura di Assolirica

“Ai miei colleghi, al pubblico, ai teatri lirici.”

“Cari colleghi, amici, nemici e amanti della Cultura e dell’Opera, dopo lo scoppio della crisi che ha colpito il nostro Paese e il resto del mondo, molti elementi del nostro stile di vita – ora così sconvolti – sono stati colpiti frontalmente dalle misure di restrizione sanitaria – che sono chiaramente necessarie.

In questo vortice insondabile, la nostra professione viene spazzata via e cerca disperatamente un’àncora di salvezza.

Senza l’ascolto delle autorità in campo, tra le quali nessuno si stupirà che non siamo al centro dell’attenzione, il nostro “piccolo cenacolo di artigiani” sarà schiacciato, senza appello; penso in particolare ai più deboli, ai più giovani, la cui sopravvivenza è sempre dipendente dal successivo compenso.

Le nostre esistenze, contrariamente all’immagine diffusa di leggerezza che si associa al nostro costume, sono delle corse senza respiro dietro al prossimo contratto ed esigono una pianificazione del futuro che pochi, al di fuori della confraternita, sospettano.

Vale la pena sottolineare, affinché tutti capiscano, che una chiusura così brusca, non accompagnata da misure finanziarie, è per molti una pugnalata mortale alla schiena. Naturalmente, non mi pongo in questa situazione estrema, anche se tutti, pur con gradi di severità molto diversi, ne sono colpiti.

Su questa base, l’approccio adottato dagli artisti lirici nel contesto di una lettera congiunta è abbastanza giustificato; e se certi errori, che lo stato di shock del momento può facilmente giustificare, possono aver dato luogo ad un digrignamento dei denti, il punto fondamentale del problema è ben definito: la sopravvivenza della nostra professione, non nei prossimi giorni, nelle prossime settimane, ma nei prossimi sei mesi, o anche…

Chi, cantante o non, perché ciò va oltre la nostra categoria, può senza molta difficoltà vivere con i suoi risparmi per sei mesi e più?

Personalmente sono scioccato, anche se purtroppo poco sorpreso, che la “famiglia ideale dell’opera lirica” si stia dimostrando, nell’attuale debacle, una “famiglia illusoria”.

In effetti pongo questa domanda: com’è possibile che tutti i teatri lirici della terra – prigionieri di certe criticità degli ultimi anni – ancora non capiscano, di fronte a una realtà primaria come questa pandemia, che la propria sopravvivenza, la stessa giustificazione della propria esistenza, si basa sugli artisti lirici e sulle loro voci?

Come non può, questo gruppo di teatri, stare al fianco dei suoi artisti e rappresentare con tutto il suo peso la professione – questa famosa famiglia dalla geometria decisamente variabile – alle autorità, le uniche in grado di salvaguardarla?

E questa salvaguardia deve riguardare tutto il personale precario, senza il quale non si può produrre alcuno spettacolo.

La disunione è la madre delle minacce.

Il disimpegno finanziario delle istituzioni liriche, legato alla cancellazione dei contratti in corso, così come la sospensione di quelli futuri, non aiuta, a dir poco, a togliere dal fossato, dal crepaccio, coloro che compongono la vita stessa e l’interesse di queste scene.

Inoltre, lo stesso Ministro della Cultura, il signor F. Riester, ha recentemente incoraggiato queste istituzioni a muoversi nella direzione del pagamento delle spettanze agli artisti, ma questa purtroppo non è la musica che i teatri suonano di concerto attualmente.

Come spero vivamente, tutte le altre categorie di lavoratori, molto provate, saranno assistite e mantenute in vita, in primo luogo tutte le professioni legate alla salute, molti dei membri delle quali sono miei amici e che vedono ogni giorno l’indicibile che si svolge sotto i loro occhi, anche se esperti, al servizio di tutti.

I teatri lirici soffrono da anni di un calo cronico dei sussidi; questo non è tanto la conseguenza di una disaffezione del pubblico che ogni sera riempie le nostre sale, quanto piuttosto il risultato di un vecchio disinteresse per le politiche di bilancio, così tristemente calcolatrici che sono arrivate a far traballare un pilastro fondamentale della nostra società: la salute.

Vediamo il risultato in quest’ora di triste verità.

Così come non è, a mio parere, il momento di chiedere qualcosa di diverso dall’aiuto e dalla giustizia, per quanto legittime possano essere alla fine tali richieste, mi sembra più che inopportuno essere tentati di risparmiare a spese di persone che per nulla, assolutamente per nulla, sono tutelate in un caso del genere.

Salvo considerare che non valgano nulla, o al massimo siano intercambiabili.

Come ho detto poco fa ad uno dei nostri grandi professori di medicina, che mi ha fatto un bel complimento: “Noi artisti, a differenza di voi, non salviamo vite umane!”.

Al che lui ha risposto: “Tu ci aiuti a salvarle attraverso il sogno che ci porti”.

Tutto ciò che contribuisce positivamente alla società, la esalta e la valorizza. Questo è il nostro ruolo, non così modesto in fondo: comunicare il bello, elevare.Da questo punto di vista non siamo secondari.

Infine, per ridurre il carattere oppressivo del necessario confinamento, il Presidente della Repubblica, Emmanuel Macron, nel suo ultimo discorso, ha incoraggiato i nostri concittadini a riscoprire valori semplici, a riconnettersi con la cultura; allo stesso tempo, questi stessi teatri, che sembrano all’unisono voltare le spalle ai loro artisti, trasmettono gratuitamente sul proprio sito web una serie di magnifiche registrazioni per tranquillizzare un po’ le popolazioni incarcerate.

Quale migliore prova del fatto che non siamo secondari se siamo chiamati al capezzale dell’angoscia?

E che onore è distrarre per qualche ora le nostre sorelle e i nostri fratelli mentre affrontano le avversità!Teatri, non maltrattate coloro che sono il sangue delle vostre vene, gli artisti, coloro per i quali il pubblico riempie le vostre sale, a volte venendo da lontano; non trascurate coloro che giustificano i sussidi che vi alimentano.

Posso concludere dicendo che oggi non so quanto “valga” il mio nome – senza dubbio non molto nella tempesta.

Quindi è in qualità di artista lirico che per trent’anni ha lavorato per i nostri teatri d’opera, attraversando gli alti e bassi di una carriera, che mi esprimo.

Tutti quelli che mi conoscono sanno che, come i miei amici sul palco, dò il meglio di me in ognuno dei miei ruoli; come loro, lascio lì la mia energia, il mio amore, spesso i miei affetti… dal momento che sono lontano da casa, molto della mia vita, un pezzo della mia anima.

Questo è il lavoro! E come tutti voi, amo questo lavoro.

La Cultura è così importante nella nostra vita? E l’opera?

Naturalmente ne sono convinto; ognuno può rispondere alla domanda con la propria coscienza e con la propria idea di come dovrebbe essere la vita.

Ma le donne e gli uomini che vengono portati sul palco davanti a voi – chi con la paura della precarietà allo stomaco, chi con le corde vocali gonfie, nell’incertezza assoluta di consegnare le loro voci ferite al pubblico, chi dopo una separazione, la morte di una persona cara – queste donne e questi uomini ci portano non solo la loro arte, così esigente in termini di lavoro e sacrificio, ma la loro personalità unica: essa dona colore alle nostre società disincantate.

Auguro a tutti di avere, come me, la grande fortuna di essere con loro.

Dobbiamo salvare la professione, dobbiamo salvare chi porta la luce sul palco, altrimenti le lanterne si spegneranno lentamente.

In nome di tutto questo, e dei miei colleghi che amo e ammiro, vi chiedo di comprendere e apprezzare le ragioni di questo grido d’allarme, che non deve diventare un canto del cigno… per tutti noi, per le generazioni a venire.

Mozart, senza la gola esperta che lo serve o il musicista che lo illumina, muore definitivamente, e i teatri lirici che non sostengono i loro migliori difensori, gli artisti, finiscono di inchiodare la sua bara… così come scavano le loro stesse tombe.

Mi scuso in anticipo con tanti, che in questo momento soffrono crudelmente, per aver dovuto usare questa metafora morbosa.

Ma l’incomprensione reciproca deve cessare, affinché solidali possiamo salvarci insieme.

Vi abbraccio e vi auguro di cuore disciplina e fortuna”.

Ludovic Tézier

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